Un livre photographique donnant à voir six années de cohabitation tendre et punk, à paraître aux éditions Loco.
Something Better Change
Something Better Change
Une plongée dans la dépendance familiale.
C’est dans une ambiance de fin du monde que la série débute. Au moment du COVID, je m’aperçois avec urgence du caractère vulnérable de ma famille, et crains pour sa disparition. Dans une tentative de protection, je m’empare alors de l’appareil photo avec l’intime conviction que l’image-talisman nous préservera du danger. Foutus pour foutus, autant y aller à fond, tout documenter, et ne pas les lâcher, eux qui m’aiment d’un amour si grand qu’il est aliénant. Car ma famille, bien avant la pandémie, était déjà un organisme précaire, à l’équilibre instable.
Mes parents font partie de ces générations dont le projet était de faire dévier les rails d’une normativité asphyxiante, avec comme seule méthode le chaos, la paresse, l’ironie et surtout, l’amour. Cette promesse, ils me l’ont léguée en héritage : que faire de ce flambeau dont le projet n’était pourtant pas le mien ? Que faire d’un mode de vie qui ne se voyait pas vieillir, encore moins avoir une postérité ? Car cette postérité, c’est moi, et au fil des images, la réponse s’est imposée : il faut en faire un livre.
Elle est composée de ma mère, Léa, une vieille punk, Rémi, mon père, un vieux hippie, Tonton , mon beau-père, un ancien forain, Kiki ma grand-mère, une Ma Daltone aux cheveux roses, toujours accompagnée de Galak, son toutou lui aussi à la touffe rose. Ils vivent tous ensemble de rire, de drogues et d’amour vache, partageant leur temps entre un HLM Parisien rempli comme un oeuf, et un châlet des alpages trop vaste pour eux. Au sein du foyer, leur vie est un spectacle qui s’écoule dans un continuum indistinct devant leurs yeux sans qu’ils en soient vraiment les maîtres. Comment pourraient-ils l’être, eux qui avaient fait voeu de mourir d’une overdose aux alentours des 40 ans ? Something Better Change rend compte d’un projet de vie commune, une famille-agrégat façon créature Frankenstein.
Soutenir le projet
Si nous sommes soutenus par des partenaires privés, nous avons besoin de 8 000 euros pour finaliser le projet. Les pré-achats serviront à assurer la production de l’ouvrage et nous permettront d’assurer l’impression et la diffusion du livre.
Le livre fera 112 pages au format 21 × 30 cm, avec une couverture rigide, et rassemblera plus d’une centaine d’images. Plusieurs possibilités pour soutenir le livre sont proposées, avec des contreparties inédites.
Calendrier
-
Finalisation
Mi-juin 2026
Finalisation de la maquette : validation du choix des images, du graphisme, choix des matériaux.
-
Impression
Fin juillet 2026
Impression off-set en quadrichromie en collaboration avec nos partenaires.
-
Lancement
Mi-septembre 2026
Lancement du livre dans les locaux de Loco Editions, et livraison des pré achats, avec contreparties.
Mener à bien ce projet d’une intimité viscérale fut une épopée vertigineuse. Lorsque j’ai pris mes premières photos, j’avais 19 ans. Six ans se sont écoulés, et nous avons vieilli : un cycle s’achève en même temps que ce projet se boucle. Au fil des pages, ils déposent les armes, et font preuve d’une vulnérabilité radicale. La perspective de voir ces images circuler entre d’autres mains nous émeuvent profondément. Le livre est le dernier pas pour que nous puissions clore ce chapitre.
À propos
Zoé Bernardi (http://www.zoebernardi.com) est une artiste et cinéaste. Elle pratique l’image fixe et en mouvement. Son travail s’articule autour des questions de communautés, d’intimité et de marginalité.
Les éditions Loco (http://www.editionsloco.com) sont une maison indépendante spécialisée dans l’édition de beaux livres de photographies basée à Paris.